En août dernier, le monde a souri en regardant des robots humanoïdes trébucher, se percuter et parfois sprinter lors des premiers World Humanoid Robot Games de Pékin. Cet août, du 22 au 26, la deuxième édition revient à l'Anneau national de patinage de vitesse, et les organisateurs affichent une ambition claire : la phase des premiers pas est terminée.
Du spectacle au banc d'essai
L'édition 2025 avait réuni 280 équipes de 16 pays dans 26 disciplines, selon les organisateurs. Unitree, basé à Hangzhou, avait dominé la piste avec quatre médailles d'or sur 400 mètres, 1 500 mètres, 100 mètres haies et relais 4x100 ; son robot H1 aurait couru le 1 500 mètres en 6 minutes 34 secondes. Divertissant, certes. Mais la plupart des coureurs étaient encore guidés par des opérateurs humains qui suivaient avec des manettes.
C'est le grand changement de 2026. Le 100 mètres devient pour la première fois une épreuve entièrement autonome : pas de joystick, pas d'humain dans le sillage, seulement de la perception, de l'équilibre et de la planification à pleine vitesse. Les footballeurs robots sauraient désormais dribbler en mouvement et plonger pour arrêter un ballon, un niveau que les organisateurs décrivent comme passant de la maternelle à l'adolescence. Le programme compte plus de 30 épreuves dans neuf disciplines, de l'haltérophilie aux arts martiaux en passant par le tir à la corde et le pitch-pot, un jeu de précision hérité d'anciens rituels d'archerie chinois.
Les épreuves qui comptent ne sont pas sur la piste
La catégorie la plus révélatrice est la moins spectaculaire. Six épreuves de mise en situation quittent les arènes simulées pour de vrais environnements : usines, hôtels, logements témoins, sites d'urgence, hôpitaux et commerces. Les robots devront trier du linge, préparer des repas, éteindre des incendies et gérer des tâches logistiques, la manipulation fine étant explicitement notée. Les organisateurs présentent ce virage comme le passage d'outils de démonstration à une productivité concrète, et la formule est juste. Un robot qui gagne le 400 mètres valide une étape de laboratoire ; un robot qui plie des serviettes dans une vraie chambre d'hôtel valide un modèle économique.
Il y a bien sûr un sous-texte de politique industrielle. Les Jeux sont co-organisés par la municipalité de Pékin et China Media Group, et servent de vitrine aux champions chinois de l'humanoïde, au moment où des rivaux occidentaux comme Tesla ou Figure publient bien moins de benchmarks publics. Quoi qu'on pense de la géopolitique, le format fonctionne : un test de résistance annuel, public et reproductible, que toute l'industrie peut observer.
Notre conseil : savourez le tir à la corde, mais regardez la chambre d'hôtel. C'est là que se jouera la prochaine décennie de la robotique.
