Chaque annee, incendies et inondations mettent a nu des millions d'hectares de foret. Les replanter a la main est lent, couteux et souvent impossible sur des terrains escarpes ou isoles. Une nouvelle generation de drones de reforestation promet un raccourci : une petite flotte peut disperser des graines sur une colline brulee en une seule journee, atteignant des zones qu'une equipe mettrait des semaines a couvrir a pied.
La capsule de graines fait le gros du travail
L'astuce ne tient pas a l'appareil mais a son chargement. Plutot que des graines nues, les drones larguent des capsules concues sur mesure, chacune renfermant une graine entouree de nutriments, d'amendements et d'un enrobage biodegradable qui retient l'humidite et repousse oiseaux et insectes. Cette coque protectrice donne au jeune systeme racinaire un meilleur depart, meme dans un sol pauvre. Des entreprises comme AirSeed en Australie, Flash Forest au Canada, Dendra Systems ou la societe franco-bresilienne MORFO ont bati leur activite sur cette idee. Leurs operateurs annoncent des taux de survie d'environ 65 a 85 pour cent apres trois ans, soit, selon les rapports, trois a quatre fois plus que le semis aerien classique. MORFO affirme que pres de 80 pour cent des capsules dispersees lors de ses projets pilotes germent en plants.
Rapide et bon marche, mais pas une baguette magique
Ce sont les chiffres economiques qui retiennent l'attention. La plupart des drones semeurs commerciaux liberent entre 10 000 et 50 000 capsules par jour, et MORFO indique couvrir jusqu'a 50 hectares de terrain ouvert en une seule campagne de vol. Les analyses citees par le secteur estiment que la plantation par drone peut couter 40 a 80 pour cent de moins par arbre survivant que des equipes humaines sur les grands sites ou les sites difficiles d'acces. La technologie a deja servi a restaurer l'habitat des koalas en Nouvelle-Galles du Sud et a replanter des terres ravagees par le feu et les inondations en Australie.
Il faut pourtant rester lucide. Les drones brillent sur les terrains difficiles ou l'alternative serait de ne rien faire, pas comme substitut aux planteurs qualifies ni a la regeneration naturelle de la foret. Le succes depend d'un choix soigneux des sites, d'un bon melange d'especes indigenes et d'un suivi patient sur plusieurs annees, pas des chiffres annonces le jour du lancement. Vu ainsi, le drone planteur n'est pas un miracle mais un outil neuf et utile, qui permet enfin a la restauration d'avancer a une vitesse plus proche de celle de la destruction.
